• Au treizième verre, j'ai levé le coude si vite que le vin m'a arrosé l'oeil ! Ma vision des choses en a été brutalement changée et surtout, surtout, hélas... à ce moment précis le regard de mon vis-à-vis a croisé le mien.

    Aussitôt, la poutre de mon oeil est allée se rouler dans la paille du sien. La stupeur passée, j'ai réalisé : je ne pouvais pas laisser faire une chose pareille, d'abord ce n'est pas convenable et puis surtout, surtout, je voulais récupérer ma poutre.

    J'avais douze verres dans le coffre et, malheureusement, une fourchette sous la main. Je n'ai pas réfléchi, hélas !  Toujours est-il que, d'un seul coup d'un seul, la fourchette a énucléé un innosang, je n'en dis pas plus, c'était pas beau à voir. Mais ce n'est pas tout, hélas...

    Sans un mot, mon vis-à-vis s'est effondré et puis n'a plus bougé. Horreur ! Je n'avais plus de vis-à-vis, j'avais un vis-à-mort... Vis-à-mort, mort-à-vis, le tournis m'a pris, je me suis évanoui...

    Suant d'angoisse je me suis réveillé. Subitement, je me souvins que je devais appeler le charpentier : çà tombait bien ! Pour récupérer une poutre baladeuse, il est mieux outillé que moi.

    POISSON D'AVRIL !

    Pierre Paillard


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